Présentation du livre À distance. Lettres, Récit, Lectures.
À distance rassemble les 92 lettres conservées qu’Emmanuel Hocquard a envoyées à Françoise de Laroque entre octobre 1971 et juin 1983. Établie et postfacée par David Lespiau (écrivain, traducteur, critique, maître d'œuvre du Cours de Pise d'Emmanuel Hocquard, publié chez P.O.L. en 2018) cette correspondance est accompagnée – tous signés Françoise de Laroque – d’une longue préface de 54 pages, d’une lettre « posthume » de 10 pages datée de 2022 et de trois textes critiques sur l’œuvre d’Emmanuel Hocquard, parus tantôt en revue (Critique en juin 1979 et CCP – cahier critique de poésie en mars 2002), tantôt prononcé à l’occasion des journées d’hommage, suite au décès d’Emmanuel Hocquard, à Tanger en 2022.
4e de couverture du livre signée Françoise de Laroque
J’ai toujours rêvé d’une conversation ou d’un échange de lettres que j’appelle abusivement « posthume », après la mort non des amants mais de l’amour ou du moins la séparation des corps et des mots. Cela ne se fait jamais. Comme je relis les lettres d’Emmanuel quarante à cinquante ans plus tard, j’ai cette impression qu’il me répond, qu’il me répond aujourd’hui. Ces lettres enfermées, je les savais là dans une boîte mais j’avais oublié leur contenu. Impression qu’il me répond malgré le décalage temporel et celui de l’énonciation. Il dit « tu », je dis « il ». Les rôles sont échangés. J’étais celle qui, d’après lui, vivais l’instant et je suis dans la distance. J’étais celle si sûre de la force de ses sentiments dont l’évocation dans mon récit me semble si faible. Et c’est lui, en l’écrivant, qui est dans le présent de notre amour.
Notre histoire est à deux voix.
Françoise de Laroque est née et vit à Paris. Elle est enseignante, critique et traductrice. Elle a eu l’occasion de suivre dès l’origine « l’aventure » d’Orange Export Ltd et a publié dans diverses revues (Critique, CCP…) des textes concernant les œuvres d’Anne-Marie Albiach, Claude Royet-Journoud, Pascal Quignard, Emmanuel Hocquard. Elle a passé deux ans à New-York (1981−83) où elle a rencontré la plupart des « Language poets ».
Elle a traduit (en revues, anthologies, livres) Paul Auster, Rosmarie Waldrop, Keith Waldrop, Ted Pearson, Tom Raworth, Michael Palmer, Barbara Einzig, Helena Bennett…