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Le Wepler-Fondation La Poste 2018 distingue deux auteurs de P.O.L

NATHALIE LÉGER ET BERTRAND SCHEFER

Réuni dimanche 11 novembre 2018, le jury du prix Wepler-Fondation la Poste a distingué deux romans publiés chez P.O.L.

 

Pour sa 21ème édition, le prix et sa mention spéciale (dotés respectivement de 10 000 et de 3 000 euros) seront remis ce soir, lundi 12 novembre, à Nathalie Léger pour La robe blanche
et à Bertrand Schefer pour Série noire, deux titres parus chez P.O.L.

Les lauréats, Nathalie Léger et Bertrand Schefer, à la brasserie Wepler,
le soir de la remise du prix, lundi 12 novembre…
©David Raynal

LIRE LES DISCOURS DES LAURÉATS

PRIX WEPLER-FONDATION LA POSTE

Nathalie Léger
La robe blanche
Éd. P.O.L, 23 août 2018, 144 pages.

Née en 1960, Nathalie Léger est directrice de l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine). Elle a été commissaire de plusieurs expositions et notamment « Le Jeu et la Raison », consacrée à Antoine Vitez (Festival d’Avignon 1994), « L’Auteur et son éditeur » (IMEC, 1998) ainsi que de l’exposition Roland Barthes, qui s’est tenue au Centre Georges Pompidou en 2002 puis, en 2007, de l’exposition Samuel Beckett, dans ce même lieu. Elle a dirigé l’édition en cinq volumes des Écrits sur le théâtre d’Antoine Vitez (P.O.L 1994-98) et établi, annoté et présenté celle des deux derniers cours de Roland Barthes au Collège de France, La Préparation du roman (Seuil-IMEC, 2002)
La robe blanche est son quatrième livre et le troisième paru chez P.O.L.
( Photo JOHN FOLEY/P.O.L)

Il y a quelques années, Nathalie Léger découvre une histoire qui l’intrigue et la bouleverse : une jeune artiste qui avait décidé de se rendre en autostop de Milan à Jérusalem en robe de mariée, pour porter un message de paix dans les pays en conflit ou en guerre, est violée et assassinée par un homme qui l’avait prise en voiture au sud d’Istanbul. Artiste ou martyre ? Candeur ou sacrifice ? Elle voulait faire régner l’harmonie par sa seule présence en robe de mariée. Mais ce n’est ni la grâce ou la bêtise de cette intention qui captive la narratrice, c’est d’avoir voulu par son voyage réparer quelque chose de démesuré et qu’elle n’y soit pas arrivée. Et parce qu’elle découvre que cette histoire vraie qui la touche tant en accompagne ou en révèle une autre. Elle comprend que sa mère lui demande la même chose : pouvoir réparer sa propre histoire blessée en lui demandant de raconter son mariage, d’exposer l’injustice de son divorce. Le père, l’ayant quittée dans les années soixante-dix avec éclat pour une autre femme, avait réussi à faire prononcer leur divorce à ses torts exclusifs, à elle, l’épouse abandonnée. La mère demande à sa fille d’écrire l’ordinaire de ce qui s’est passé, l’échec, l’abandon, les larmes, l’injustice. Elle lui demande aussi d’écrire pour réparer. Mais si une robe de mariée ne suffit pas à racheter les souffrances de l’humanité, les mots pourront-ils suffire à rendre justice pour les larmes d’une mère ?

Éditions P.O.L – Nathalie Léger
Feuilleter le livre

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MENTION SPÉCIALE DU JURY

Bertrand Schefer
Série noire
Éd. P.O.L, 23 août 2018, 176 pages.

Bertrand Schefer, philosophe de formation, est né en 1972 à Paris. Il est écrivain, réalisateur et traducteur (de l’italien). Aux éditions Allia, il a traduit des textes majeurs de la Renaissance italienne. Il a coréalisé avec Valérie Mréjen son premier long métrage, En ville, sélectionné pour la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011 Série noire est son cinquième livre et le quatrième chez P.O.L.

Un roman inspire un fait divers, qui devient un roman. Telle pourrait être la formule de ce livre qui retrace l’histoire du premier grand kidnapping français qui agita le pays en 1960 avant de découvrir qu’il était calqué mot pour mot sur un roman américain de la Série noire ! Un jeune ouvrier, revenu de la guerre d’Algérie et reconverti dans la vente d’électrophones, se jette dans les nuits parisiennes où son pouvoir de séduction fait des ravages. Il rencontre une jeune reine de beauté danoise qui découvre Paris en traînant aux terrasses de Saint-Germain-des-Prés en compagnie d’Anna Karina. Tout bascule avec un escroc de 39 ans, antisocial viscéral, qui met la main sur un livre de la Série noire qui le révèle à lui-même. Au gré des rencontres, des voyages entre Copenhague et la Côte d’Azur, ces trois personnages que rien ne destinait à réunir, vont se retrouver au coeur de l’affaire la plus retentissante du début de cette décennie 60. S’appuyant sur une enquête approfondie et des documents judiciaires inédits, le livre se déploie comme un roman policier qui peu à peu se déplace sur une autre scène, où la littérature et le cinéma deviennent les vrais protagonistes de l’histoire. On y croise Antonioni au festival de Cannes, Anna Karina, Françoise Sagan, Kenneth Anger, Jean-Jacques Pauvert, Simenon, Histoire d’O et les tournages de Clouzot et de Truffaut. On y rencontre le monde des artistes de music-hall, des concours de beauté. Une France où les médias de plus en plus puissants prennent désormais en charge l’entier récit des événements. Une enquête autour de photos passées à la loupe et de scènes de films dont on découvre l’envers du décor. Une investigation sur les puissances de la fiction et les frontières de plus en plus floues entre la réalité et ses images.

Éditions P.O.L – Bertrand Schefer
Feuilleter le livre

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La sélection du prix Wepler-Fondation La Poste 2018

 

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Petit concert de Helena Noguerra avant les discours et l’annonce des lauréats.
Brasserie Wepler, Paris, lundi 12 novembre. © David Raynal

Le président du Groupe et de la Fondation La Poste, Philippe Wahl, récompense les lauréats
dans une ambiance très festive… © David Raynal

 

DISCOURS DE MARIE-ROSE GUARNIERI (fondatrice du Prix)


© David Raynal

Chers écrivains, chers éditeurs, chers partenaires, chers amis,

Depuis 21 ans, ici, au Wepler, 14 place Clichy, nous vous convions pour fêter treize écrivains que nous avons décelés dans le temps fort des rentrées littéraires.
Nous vous remercions de votre présence, de votre confiance et de votre attention à cette aventure.
Ce mécénat offre d’abord tout simplement du TEMPS aux auteurs pour déplier et sculpter leur œuvre.
Nos partenaires, eux, nous accordent le TEMPS et la liberté de faire jaillir l’or de ces auteurs, et le TEMPS nécessaire, surtout, à la conquête de leur reconnaissance.
Mais je voudrais aussi vous dire combien ce prix défend farouchement un espace intérieur attaqué, colonisé, un espace des plus secrets qui permet d’accueillir en soi ces inconnus, non encore identifiés ni authentifiés par les académismes et le marché des mots.
Réjouissons-nous donc ensemble d’exister, ce soir encore, et résistons afin que toute la chaîne du livre et ses métiers puissent déployer et perpétuer leurs talents.
Je voudrais remercier profondément la famille Joulie qui a pris la succession de Michel Bessière à la tête de la brasserie Wepler, et dans le même élan, a repris sincèrement le flambeau de ce Prix afin de continuer à écrire avec nous, dans ces murs, son histoire… Je salue d’ailleurs M. Philippe et son équipe qui auront à cœur de vous ravir et de vous régaler tout à l’heure…
Je remercie infiniment la Fondation La Poste pour sa conviction éclairée à nous soutenir. Depuis le début, elle nous garde une place de choix parmi ses multiples actions dans les sphères de la culture. Merci donc à M. Philippe Wahl, Président de la Poste et à Marie Lloberes qui a succédé à Mme Dominique Blanchecotte. Je rends encore hommage ce soir à l’investissement passionné de Mme Blanchecotte, durant quatorze ans, pour la Fondation. Merci également à nos alliées de toujours Maryline Girodias et Patricia Huby. Tous nous ont accompagné sans faille afin d’inventer chaque année une nouvelle façon de donner de la substance à ce prix.
Avant de céder la parole à nos deux lauréats, j’adresse un immense salut à mon équipe de filles si dynamiques, fidèles, endurantes. Avec elles, chaque jour, dans l’ombre, cette utopie se bâtit. Mes deux libraires Olivia Goudard et Léopoldine Raynal, notre magnifique conseillère Élizabeth Joël, notre ministre des relations extérieures, Corinne Lapébie et enfin notre éditrice et amie Florence Robert et notre DJ, Anne Garréta, la plus diplômée de France, écrivain, universitaire, jurée, mais surtout une amie fidèle, chère à mon cœur.
Nous remercions Lamia Ziadé de nous avoir offert ses couleurs et sa virtuosité inspirée pour l’affiche de l’édition 2018.
Je voudrais remercier ce remarquable jury 2018 pour son travail aigu, rigoureux et passionné. Ils nous ont donné sans compter de leur temps de vacance pour détecter treize livres merveilleux, treize stupéfiants écrivains, treize astres fabuleux que l’on n’oubliera jamais.
Nous adressons une pensée à celui qui a toujours été parmi nous, cet immense éditeur et ami : Paul Otchakovsky-Laurens.
D’année en année, sachez-le, nous ne nous lassons pas de reproduire cet émouvant geste d’offrir le Prix Wepler Fondation La Poste à deux nouveaux venus qui vont rejoindre la constellation si vivante des quarante-et-un écrivains déjà primés…

Levons nos verres pétillants et accueillons joyeusement ce renouveau littéraire !

Détails

Date de début: 12 Nov 2018

Date de fin: 12 Nov 2018