Lettre de Florence Robert, éditrice, à Sylvie Pélissier, déléguée générale de La Fondation La Poste
Le 26 novembre 2002
Chère Sylvie Pélissier,
Permettez-moi de vous remercier, infiniment, au nom des Editions Denoël, de Marcel Moreau, et de moi-même pour ce Prix Wepler-Fondation La Poste 2002 et sa généreuse dotation. Je ne saurais vous exprimer assez notre fierté de l’avoir mérité cette année. Dans l’horizon saturé des rentrées littéraires, le Prix Wepler Fondation La Poste s’est imposé par une éthique, une liberté, une exigence tout à fait exceptionnelle : celle de consacrer des écrivains véritablement porteurs d’un monde et d’une langue, et ce, en dehors de toute visée commerciale. Cette ambition, le système de jury tournant, ainsi que la valeur des auteurs précédemment élus, lui confèrent un très fort crédit littéraire, extrêmement couru par les maisons d’édition, qui le placent, de même que les journalistes, parmi les dix prix importants à obtenir pour exister dans une rentrée. Il va de soi que le choix de Marcel Moreau, cette année, fait honneur, ô combien, à la littérature et à ceux qui la soutiennent. A la fois culte et maudit, cet auteur, qui compte des admirateurs célèbres, est dans le même temps quelque peu " insonorisé " et voit enfin son oeuvre consacrée par un Prix français. Ce choix courageux est déjà à l’origine d’un mouvement critique en sa faveur, et de nombreux journalistes applaudissent la sagacité du jury. Il nous renforce dans notre politique éditoriale à l’égard de ce grand écrivain, encore trop méconnu, dont nous allons à la fois publier un récit amoureux inédit, et rééditer quelques uns des titres les plus importants. Voilà pourquoi, chère Sylvie Pélissier, je tenais à vous remercier de nous aider à donner une bonne raison aux médias culturels de découvrir ou redécouvrir Marcel Moreau.
En espérant avoir un jour le plaisir de vous rencontrer, je vous prie de recevoir, chère Sylvie Pélissier, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
Florence Robert Editrice