édito décembre 2008
Louis Kremer, Lettres à Henry Charpentier (1914-1918)
D’Encre, de fer et de feu
Présentation et notes de Laurence Campa
Notice sur Henry Charpentier par Françoise Charpentier-Morel et Paul Morel
Éditions de La Table Ronde
271 pages, 43 €
À l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice, les Éditions de La Table Ronde ont publié en novembre dernier les Lettres de Louis Krémer, poète oublié, mort de ses blessures en 1918, à son ami Henry Charpentier, réformé, poète également qui vivra jusqu’en 1952. Annotée et présentée par Laurence Campa, universitaire et chercheur à l’Historial de la Grande Guerre, la correspondance intitulée D’Encre de fer et de feu est enrichie de photographies, de dessins et croquis du combattant. Il n’a laissé qu’un seul recueil de poèmes publié en 1909. Pendant les quatre années de guerre, Kremer n’a jamais cessé d’écrire. Les lettres disent le triomphe du fer et du feu, la terre « secouée de convulsions », le ciel « un ouragan de grêlons métalliques », l’effroi, les « odeurs inexprimables », la désespérance, la violence, la mort. Soucieux de décrire avec justesse le quotidien innommable, le désastre de ces années terribles, le jeune poète devenu écrivain au fil des lettres, associe lyrisme, références littéraires, ironie et colère, parfois humour et légèreté. « Écrire pour lui, c’est sauver le meilleur de lui-même » nous dit Laurence Campa, « il ne veut pas seulement transcrire la réalité pour ceux qui ne la connaissent pas, il veut en exprimer la vérité. Il agit en peintre, en moraliste, en poète. » Les Éditions de La Table Ronde lui rendent un bel hommage.
Nathalie Jungerman
En cette fin d’année 2008, l’équipe de FloriLettres vous souhaite d’excellentes fêtes.