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La lettre de Guy Môquet
22 octobre 1941

20 octobre 2007

La Fondation d’entreprise La Poste qui encourage l’écriture épistolaire et les créations qui valorisent sa richesse, est fière d’être associée à l’hommage que rend ce court métrage au jeune résistant Guy MOQUET

«La Fondation d’entreprise La Poste qui encourage l’écriture épistolaire et les créations qui valorisent sa richesse, est fière d’être associée à l’hommage que rend ce court métrage au jeune résistant Guy MOQUET ; il fait voir derrière les mots simples de sa dernière lettre et l’émotion qu’ils suscitent le sens de son message : l’amour des siens, la fidélité à son engagement militant, l’espoir dans l’avenir – et l’héroïsme du sacrifice.»
Jean-Paul Bailly, président du Groupe La Poste

22 octobre 1941 – Chateaubriant

Dans l’ouest de la France occupée
En représailles à l’exécution d’un officier allemand
l’état-major allemand et le gouvernement de Vichy
ordonnent de fusiller des prisonniers politiques français

La Lettre
Réalisateur François HANNS
Co-Auteur Catherine LOPEZ

La lettre de Guy Môquet à la veille de sa mise à mort, 22 octobre 1941

Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.

Guy

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !